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Bienvenue à vous sur la nouvelle version de "Bookiweb". J'aime lire, et surtout partager mes coups de coeur avec vous.  J'espère que vous aimerez vous ballader sur ces pages et pourquoi pas trouver votre bonheur ! Pour le moment je laisse pas mal de résumé et de courts commentaires, vous je vais tenter au fur et à mesure d'argumenter et d'augmenter un peu plus mes critiques... En espérant de vous revoir bientôt, n'hésitez pas à revenir faire un petit coucou et laissez vos commentaires !!!


Kévin

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Vie littéraire

Samedi 24 juin 2006 6 24 /06 /2006 13:11

J'ai eu la chance de renconter l'écrivain Hafid Aggoune, à Roisey, lors de la Fête du Livre que mon association a organisé, les 3 et 4 juin derniers. Je souhaitais lui consacrer un petit article car c'est vraiment une personne que j'apprécie beaucoup, et qui, en plus, écrit des romans qui me touchent vraiment !

J'ai contacté Hafid par lettre en mars 2006, et il m'a répondu très rapidement, acceptant mon invitation à la fête du livre. Il y a eu ensuite quelques mails, et enfin notre rencontre, le 3 juin (le jour de ma fête !!). Quant il m'a vu, ses première paroles ont été : "Salut Kévin, et merci pour ton invitation ! J'ai vu hier à la météo que c'était la Saint Kévin aujourd'hui, alors Bonne Fête !"  Déjà, ça fait plaisir !

Il a ensuite participé à un débat sur le thème "Vivre ensemble", je n'ai pas pu tout voir car j'avais pas mal de "travail" à côté (donner un coup de main aux libraires, entre autres, accueillir les écrivains...), mais nous avons pu discuter avec Hafid juste après. Il m'a parlé de son parcours, de ses études, et m'a conseillé dans ce sens (en effet, je veux faire le même type d'étude que lui : Fac de Lettres + Ecole d'édition). Il m'a dit très rapidement de le tutoyer (ouh la la... Sur le coup ça fait un peu bizarre, mais qu'est ce que c'est sympa !!). On a ensuite visité ensemble les quelques expositions que proposait les gens de la Fête du Livre, avant de se quitter, le soir, alors qu'il rentrait chez lui.

Le lendemain (le dimanche donc), c'était la journée des dédicaces. Je me suis bien sûr fait dédicacé ses romans. Et ce qui est génial, c'est qu'il ne lésine pas sur la dédicace ! Un joli texte de bien 5, 6 lignes ! Je lui ait offert un livre qu'il m'a demandé de lui dédicacer... petits tremblements de la main quand même ! Et nous nous sommes donnés rendez vous en janvier, pour la sortie de son troisième roman.

J'étais vraiment ravis de cette rencontre, mais ce que je ne savais pas, c'est que nous allions nous croiser un peu plus tôt que prévu ! En effet, le mardi suivant, je me rends chez ma libraire qui m'annonce que Hafid va lui ramener d'une minute à l'autre les livres qu'elle avait oublié à Roisey. Evidemment, je squatte ! (elle a l'habitude, vous inquietez pas !). Et donc, j'ai pu prendre le thé (et les petits gâteaux qui vont avec) en compagnie d'Hafid. Nous avons bavardé une dizaine de minutes avant qu'il ne rentre chez lui (le soir même il allait voir un match de foot). Le lendemain je lui ait envoyé un petit texto, et il m'a répondu dix minutes avant le début des cours de l'après midi ! Un plaisir ...

Rendez vous est donc pris avec Hafid en janvier (il va venir dans la région faire un tour dans mon lycée et une séance de dédicace à ma librairie : "La parenthèse", à Annonay !

Hafid, si tu passes par là, merci pour tes précieux conseils, en espérant que nos routes continuent à se croiser dans le futur...

Et à tous les autres visiteurs, je vous conseille ses deux romans : "Les Avenirs" et "Quelle nuit sommes nous ?" (Editions Farrago) et son site officiel : www.hafidaggoune.com/

 

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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /2006 22:02
L'EXPOSITION "CHARLIE CHAPLIN ET LES IMAGES"

L’exposition, rendue possible grâce aux archives de la famille Chaplin, s’attache à raconter l’histoire de cet acteur et réalisateur de génie tout autant que la construction du mythe que son personnage a engendré. Charles Spencer Chaplin, né à Londres en1889 dans le milieu du spectacle, monté sur les planches presque au moment où il entrait dans l’existence, et mort en 1977 à Corsier sur Vevey, est en effet l’incarnation de deux personnages indissociables : Charlie Chaplin, cinéaste et acteur à succès, et Charlot, figure mythique et universelle. Il s’agit de la première exposition majeure réalisée à partir des archives de la famille Chaplin.

Cet acteur de génie compte beaucoup pour moi et fait parti intégrante de ma culture, et ce depuis mon enfance. Je souhaitais lui rendre hommage sur cette page, pour que son talent ne s'oublie jamais, et que son nom reste gravé dans les mémoires de tous... A ce grand homme, je tire ma canne et mon chapeau melon !!

Plus d'infos sur l'exposition (que j'ai visité... )un grand merci à la famille D...... pour cette magnifique balade suisse, et pour tout ce que vous avez fait pour moi !! : http://www.elysee.ch/actualite/index.html

Et un très bon livre à s'offrir sur Chaplin (réalisé pour l'exposition) :

Charlie Chaplin
Exposition au Jeu de Paume
Collectif
beau livre (broché). Paru en 06/2005
7,50€

et un magnifique site sur le comédien : http://www.charles-chaplin.net/

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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 11:15

Voila, elle arrive avec son flot de nouveauté... la célèbre et incontournable rentrée Littéraire ! Comme les centaines d'écoliers, les écrivains profitent de septembre pour publier leur nouvel ouvrage, juste après les vacances d'été et avant les sombres nuit d'hiver...

Comme chaque année, Albin Michel dégaine son arme secrète : Amélie NOTHOMB, avec Journal d'hirondelle.

En plus de la cuvée annuelle de la dame en noire, je vais me laisser tenter par :

Passage du Gué, de Jean Philippe BLONDEL (chez Laffont)

Un jeudi d'octobre 1986, Myriam rencontrait Fred sur un air de Martha Davis. Instant de grâce : le jeune homme est sous le charme. Or, Myriam partage sa vie avec Thomas, jeune cadre dynamique. La vie passe... Fred, Myriam et Thomas deviennent un couple à trois, indissociables. Ils s'aiment à leur façon, un peu à la Jules et Jim, mais ils ont une histoire à eux, beaucoup plus nuancée pour être contenue dans une case. Impossible à juger. Simplement, ces trois-là sont des statues de cire qui ne se parlent pas ouvertement. Ils s'observent, ont des fantasmes, des attirances, des envies, des manques, des frustrations, et dans le fond ils se loupent. Mais ce n'est pas grave.

Le passage à Niveau, de Philippe ROUTIER (chez Seuil)

Dans la forêt de Retz, le passage à niveau 515 n’a ni barrière ni feu. Cette nuit-là, quand Manon Gerberoy aborde la section de voie ferrée, elle ne soupçonne pas le train lancé à 160 kilomètres/heure. La collision est inévitable. La Peugeot est broyée, ses trois passagers sont morts : Manon, trente-deux ans, sa fille Émilie sept ans, et le père de Manon, cinquante six ans.
Guillaume conduit des trains régionaux depuis quelques semaines. D’aiguilleur il est devenu mécano pour satisfaire Alice, son amie, qui ne supportait plus ses absences de nuit.
L’accident dont il se sent responsable va accentuer son désarroi et la dérive de son couple. Seul et désemparé, Guillaume va rencontrer Cyrille, l’ami d’enfance de Manon, espérant trouver près de lui la certitude qu’il n’est pas coupable de la mort de la jeune femme.

Corpus Christinine, de Max Monnhay (chez Albin Michel)

« Collez-moi le canon d’un magnum sur la tempe je tremblerai moins. Enfermez-moi dans la chambre froide d’une morgue et laissez-moi vous dire que c’est du gâteau. Ce que je vis devait peser dans les cent vingt kilos et transpirait à grosses gouttes une eau malodorante. Ce que je vis était énorme. C’était ma femme. »

Et aussi : Julien Parme, de Florian Zeller (chez Flammarion)

« Au risque de vous surprendre, je voudrais vous raconter ce truc incroyable qui m’est arrivé l’année dernière. C’est pas pour me vanter, mais des trucs comme ça, je vous jure, des trucs aussi incroyables que celui que je vais vous raconter, ça n’arrive pas tous les jours. Même, ça n’arrive jamais. C’est pour ça que j’en parle. Parce que moi, je ne suis pas du genre à baratiner les autres avec ma propre vie. Question de style. »


Et probablement d'autres, au rythme de mes lectures de Lire, Psychologie Mag, ect.  Mais je ne vais pas tout lire d'un coup car des livres comme ceux là sont quand même à 15, voire 20 € je vais en lire un ou deux par mois ... Et j'intercalerai avec des livres de poches ... Vous savez tout !

Et vous, quels livres de la rentrée littéraire allez vous lire ?

Quelques liens "rentrée littéraire" chez les éditeurs mentionnés ci dessus...

STOCK : http://www.editions-stock.fr/act/act99_rentre_f.html

ALBIN MICHEL : http://www.rentree-litteraire.com/index.htm

FLAMMARION : http://rentreelitteraire.flammarion.com/index.html

GALLIMARD : http://www.gallimard.fr/catalog/Html/rentree_2006/index1.htm

 

 

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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 18:47

Je viens d'apprendre que les albums d'Astérix et de Tintin allaient ressortir en éditions spéciales... Et je vais me les offrir, car j'adore ces deux BDs ! Ci joint un article tiré du blog d'un confrère blogueur, que vous pourrez retrouver sur son blog : http://infobd.over-blog.com/

Les 2 plus grands héros de la bande dessinée, j'ai nommé Astérix et Tintin vont avoir droit à l'automne prochain à un petit lifting surtout en ce qui concerne notre Gaulois préféré. En effet, Hachette (éditeur des 24 premiers albums), et Albert René ont eu l'idée de sortir une version entièrement restaurée des aventures d'Astérix. Au programme de cette mission baptisée pour l'occasion  "Refondation", les albums auront droit au réencrage, à la recolorisation ainsi qu'au relettrage. Au total, 1 444 planches pour 32 albums ! Cette nouvelle collection de luxe des aventures du gaulois le plus célèbres de la bande dessinée paraîtra à partir de novembre avec pour point de départ, les albums :

- Astérix le Gaulois,
- Astérix et Latraviata,
- Astérix et la serpe d'or,
- et Astérix et la rentrée gauloise.

Ces albums se verront grandir d'environ 20% par rapport à l'édition traditionnelle. Les premiers tirages seront de 20 000 exemplaires avec un prix de lancement de 14.90 euros pour finir à 17.80 euros par la suite. Petit plus de cette nouvelle collection, lorsque tous les albums seront réunis, les tranches dessineront une frise représentant le village des Gaulois.



Quant à Casterman, ils se voudront plus sobre dans leur démarche, puisqu'il proposeront "Les aventures de Tintin" en petit format pour un prix de 4.50 euros. Cette offre sera disponible à partir du 15/09/2006 avec les titres suivants :

- Tintin au pays de soviets,
- Tintin au Congo,
- Tintin en Amérique,
- Les cigares du pharaon,
- Le lotus bleu,
- et L'oreille cassée.

De bien belles initiatives pour cet automne.

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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /2006 21:03

Hier, je suis allé à la représentation de "Oscar et la Dame Rose", d'Eric Emmanuel Schmitt et avec Anny Duperey, à Davézieux. Je vous invite un moment dans ma vie pour vous faire partager ce grand moment ...

La séance commence à 17h... Mais bon, je suis devant la salle des spectacles de Davézieux (petit bled du côté de chez moi qui vient de faire construire une salle de spectacle... un exploit !!) à 14h, dans l'espoir de rencontrer Anny Duperey, je squatte devant le théâtre. Quand j'arrive, et le temps que je paye mes billets, j'apprends qu'elle arrive à 16h... En attendant avec Gwen, nous faisons des tours de la salle... Et quant on ressort, on apprend qu'elle est déjà là mais qu'elle se repose avant la représentation.

Avec Gwen, nous décidons de lui écrire une lettre qui lui sera remis dans sa loge, en espérant qu'elle la trouve avant de partir pour que nous puissions la rencontrer. Nous la donnons donc à la responsable du théâtre, qui elle même la remet au technicien qui s'occupe de la pièce. Il vient à notre rencontre, et super sympa, nous dit : "Ecoutez, je pense qu'après la pièce il n'y a pas de soucis vous pourrez la voir ! Je lui ferrais savoir que vous l'attendez !'" Et il nous montre la fenêtre de sa loge devant laquelle nous devrons l'attendre à la sortie... C'est déjà un bon point pour nous ! Finalement, il nous rend notre lettre qui n'a plus de raison d'être, puisque nous lui demandions dedans si nous pouvions la rencontrer plus tard...

16h30. Nous nous impatientons, et après avoir acheté le programme -et oui, admirateur fauché à fond cette fois !-, nous nous installons dans la salle. A 17h15, le spectacle commence.

La scène représente une chambre d'hôpital, avec deux chaises, un lit, une caisse de jouet, et un jeu de vitres et de portes qui coulissent en fond durant toute la représentation !

Et là, silence radio (portables éteints....)... Une petite musique se fait entendre... Et Annie Duperey fait son entrée... -applaudissements dans la salle-.
Et là, la magie commence...

Anny joue à la fois Oscar, un petit garçon atteint d'une leucémie, et Mamy Rose, une dame qui lui rend visite régulierement à l'hôpital. Personne n'ose dire à Oscar qu'il va mourir, mais il le sait. Seule Mamy Rose a les mots qu'il faut pour lui dire que, oui, il va mourir, mais qu'avant cela, il peut vivre toute sa vie.

Pendant 12 jours, il va écrire à Dieu, comme si chaque jour équivalait à 10 ans... L'enfance, l'adolescence, puis la vingtaine, l'âge de raison.. et puis la vieillesse...

On entend une dernière fois la voix d'Anny Duperey -pardon, de Mamy Rose-, et là, c'est une acclamation qui attend la comédienne... Tout le monde à la gorge sèche, les larmes aux bords des yeux... Je ne sais moi même que dire : "Ouaaaaaa....!!!"

Encore une slave d'applaudissement... Et Annie Duperey revient avec une coupe de champagne :

''C'est la première pièce jouée ici, et je suis ravie d'être celle qui a foulée ces planches pour la première fois... On va donc baptiser la scène... Merci à vous tous !"

Et elle trempe ses doigts dans sa coupe de champagne, et fait gicler le liquide aux quatre coins de la scène.. Avant de s'éclipser, après avoir reçu des mains du maire un magnifique bouquet de fleurs ....

 

.... Gwen et moi, évidemment, on va vite attendre près de sa loge, au dehors. Nathalie vient nous rejoindre. Nous ne la connaissons pas mais elle adore elle aussi Annie Duperey, et aimerait lui faire dédicacer un de ses ouvrages... On languit d'impatience... Et une demie heure après, enfin...

Anny Duperey nous aperçois !!!

"Oh, mais vous êtes là... Rentrez vite !!"

J'en crois pas mes oreilles ! Dans la loge avec Annie Duperey (j'ai un de ces culs !!) !! Bise à chacun, dédicaces, photos... Et d'une gentillesse folle... la même qu'à la télé !! "Vous êtes adorables, merci à vous trois !"..

"Merci pour cette pièce, c'était génial !"

Et son technicien lui apprend que nous sommes là depuis deux heures de l'après midi !

"Oh mon Dieu, et s'il avait plu, vous seriez trempés ! C'est trop gentil à vous ! Merci !"

Et on voit que c'est sincère, et cela fait chaud au coeur ! Elle est magnifique, rayonnante ais-je même envie de dire !

En souvenir, le programme, l'affiche du spectacle, mon livre d'or et son roman dédicacé mais, le plus beau, je crois, c'est cette brève mais merveilleuse rencontre !

Merci Annie, merci pour tout ! Ne changez pas, vous êtes extraordinaire !!

Voila... Bientôt les photos, promis !!

(et merci également à Eric Emmanuel Schmitt pour son texte magnifique et si riche en émotion !)

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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /2006 10:32

Un jeune Américain publie sur la Shoah, en français, un premier roman fracassant de 900 pages. Gallimard en imprime 12 000 exemplaires. Un mois plus tard, on dépasse les 150 000 ventes de ce livre que beaucoup qualifient de chef-d'oeuvre, voire de «plus grand roman à ce jour au XXIe siècle».

C'est l'événement fracassant de cette rentrée romanesque. Les bienveillantes, de Jonathan Littell, est un aérolithe de 910 pages surgi de nulle part et qui est venu s'écraser sur le petit monde littéraire parisien en reléguant à l'arrière-plan tous les concurrents, vieux ou jeunes. Gallimard avait pris le risque énorme de tirer à 12 000 exemplaires ce premier roman pesant deux millions et demi de signes. Un mois plus tard, on a dépassé les 150 000 ventes, Littell est le favori au Goncourt, et l'écrivain franco-espagnol Jorge Semprun, lui-même rescapé des camps de la mort, parle «du plus grand roman à ce jour du XXIe siècle».

Dans un texte serré presque sans paragraphe, un jeune homme de 39 ans (35 au moment de l'écriture) prétend raconter avec méticulosité la Shoah et la guerre sur le front de l'Est, mais à travers les yeux d'un exterminateur nazi qui, quelques décennies après les faits, ne regrette rien des atrocités dont il a été responsable et témoin. Provocation suprême: le bourreau n'est pas un bureaucrate borné à la Eichmann, mais un homme d'une grande culture, qui discute de Kant, pleure sur la tombe de Lermontov et lit L'Éducation sentimentale de Flaubert au milieu des charniers. Un monstre ultracivilisé, par ailleurs homosexuel, coupable d'inceste avec sa soeur et du meurtre de sa propre mère.

 

 

Une entreprise si ambitieuse que son auteur ne pouvait pas être simplement ce jeune Américain longiligne qui a l'air sur les photos d'un étudiant de bonne famille. Et, de fait, l'auteur de cet «ovni littéraire» est peut-être aussi complexe et mégalo que son roman.

Le rendez-vous avec l'auteur a été obtenu de haute lutte. Tous les grands médias français et européens lui courent après depuis le début septembre. Mais Jonathan Littell n'est à Paris que pour cinq jours. Avant la sortie du livre, fin août, il a daigné donner quelques interviews aux grands titres parisiens, refusé d'avance toute apparition à la télé («je n'ai jamais vu la télé de ma vie»), puis il est reparti à Barcelone, où il est maintenant installé. Pour son bref passage à Paris, le 22 septembre, il a accepté de rares interviews à la radio: «Je déteste ça autant que la télé, mais c'est dans une logique de compromis avec mon éditeur...»

On suppose que s'il n'en tenait qu'à lui, Jonathan Littell ne donnerait strictement aucune interview. Partant de ce principe que, sur la Guerre, sur la Shoah, sur son «héros» baptisé Max Aue, il vient d'écrire 910 pages et n'a donc rien de plus à en dire. Pourquoi en avoir fait un homosexuel? «Je ne sais pas.» Pourquoi avoir écrit en français, alors que l'anglais reste malgré tout sa langue maternelle? «Il n'y a pas de raison véritable. Les grands auteurs que j'aime sont français, c'est tout.» Quel est le degré de culpabilité de Max Aue? «La réponse se trouve dans le roman, c'est à vous de voir. Je ne sais rien de plus que vous.» Est-ce LE roman d'une vie? «Peut-être, je n'en sais rien.»

Sans être hors norme, le parcours de Littell est à tout le moins particulier. À 3 ans, il a quitté les États-Unis avec sa famille pour l'Europe. Y a fait quelques brefs séjours, notamment pour ses études universitaires. «Sur 39 ans, j'en ai passé 12 en Amérique.» Son père, Robert Littell, est un romancier à succès. «Mais il n'est pas vrai que je lui ai servi de documentaliste. J'ai simplement vérifié certains détails matériels ou géographiques pour lui, notamment en Russie.»

Littell fils a cette particularité, outre le français et l'anglais, de parler le russe couramment, et d'avoir vécu de longues années à Moscou - c'est là qu'il a écrit en seulement quatre mois le premier jet presque définitif de son roman, fin 2002, début 2003. Il a été à l'emploi d'Action contre la faim - «ce qui m'a donné l'occasion de traiter avec des massacreurs en Tchétchénie»; il a aussi été traducteur anglais-français ambidextre. «Du français vers l'anglais, j'ai tout de même traduit des textes de haut niveau: Maurice Blanchot, Sade, Jean Genet...»

La genèse de ce texte est une longue histoire. «J'ai commencé à y penser il y a 17 ans, en voyant à la faculté cette photo célèbre d'une jeune partisane soviétique torturée et à moitié nue dans la neige. Je savais que j'en ferais un roman, et certains épisodes du roman datent de cette époque: par exemple la lecture de L'Éducation sentimentale par Max Aue au milieu des cadavres et de la débâcle. Début 2001 et pendant deux ans, j'ai mené des recherches sur le terrain, en Ukraine et en Allemagne, j'ai lu plus de 200 bouquins, bref, tout ce qui était disponible. Fin 2002, je me suis enfermé et j'ai écrit à la main, à raison de 10 pages imprimées par jour (30 000 signes!), et j'ai terminé en quatre mois le premier jet, qui s'est révélé définitif à 80 %... J'ai passé l'année 2003 à tout retaper à la machine en retravaillant la version initiale. Fin 2003, j'en étais à la quatrième mouture, définitive. Au passage, j'avais supprimé. Une centaine de pages, car il y avait des longueurs...»

Tous les critiques se sont à juste titre émerveillés devant l'impressionnante qualité documentaire, la précision maniaque des détails des massacres en Ukraine, des faits et gestes de personnages historiques tels Eichmann, Himmler ou Albert Speer. Mais ce qui donne son caractère grandiose au roman, c'est aussi et surtout cette plongée dans le cerveau d'un bourreau nazi non repenti, qui organise et bénit les bains de sang, mais pleure également sur les cadavres, subit d'effroyables malaises physiques à la vue des charniers.

«Max Aue, dit-il, est un nazi improbable, qui pour les besoins de la construction romanesque a vécu en personne tous les événements majeurs. Mais il y a eu dans la réalité tellement de types différents d'exterminateurs nazis que lui-même a bien pu exister. Jamais je n'aurais pu prendre comme héros un bureaucrate automate à la Eichmann. Il me fallait quelqu'un de complexe et de paradoxal. Max Aue, en fait, est un idéaliste; il adhère au Parti nazi dès 1932, et continue même quand les choses commencent à déraper, simplement pour rester fidèle à son idéal et à ses engagements...»

Un exercice périlleux et de haute voltige qui amène l'auteur à écrire des dizaines de pages hallucinantes sur la question de savoir si, pour les chefs nazis, certains Bergjuden d'Ukraine doivent être considérés ou non comme juifs et exterminés ou pas. Quelques centaines de pages plus loin, on retrouve Max Aue chez Eichmann où, au cours d'un dîner raffiné, ils discutent doctement de l'impératif catégorique chez Kant. Une plongée vertigineuse dans le cerveau d'un monstre, au risque de l'humaniser.

Une entreprise inédite et tellement provocante qu'on en arrive à cette question: le «jeune» Jonathan Littell, qui n'a pas connu la guerre, aurait-il pu écrire ce roman si sa famille n'était pas d'origine juive, et donc apparentée aux victimes, même de façon lointaine?

«Ma famille est arrivée aux États-Unis en 1880, et nous n'avons eu aucun lien avec des victimes de la Shoah, dit-il. Ce n'est pas en tant que juif que j'ai écrit ce livre. Ça n'a aucun rapport. D'ailleurs, quand j'étais enfant, dans ma famille, on ne parlait pas de la Shoah à la maison, mais de la guerre du Vietnam...»

 

 

Source : www.cyberpresse.ca

 

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